# A Wave of Unexplained Bot Traffic Is Sweeping the Web
**Date de l'événement :** 12/02/2026
* Publié le 12/02/2026

## Notre decryptage
Résumé Une vague massive et mystérieuse de trafic automatisé, originaire de Chine et transitant par Singapour, frappe actuellement des milliers de sites web à travers le monde, des blogs personnels aux portails gouvernementaux. Suspectés d'alimenter l'entraînement de modèles d'intelligence artificielle, ces bots camouflés faussent les analyses d'audience, pillent les contenus créatifs et menacent directement la viabilité économique des créateurs en détruisant leurs revenus publicitaires et en augmentant leurs coûts d'infrastructure. L'ombre des bots chinois sur l'économie de la création Pour Alejandro Quintero, créateur de contenu basé à Bogota, le succès semblait enfin au rendez-vous en octobre dernier. Son site, dédié aux activités paranormales et rédigé en spanglish, a soudainement enregistré une explosion de visites. L'analyste de données a cru un instant avoir touché une audience inespérée de l'autre côté du globe. La réalité fut bien plus brutale : ces visiteurs, tous localisés à Lanzhou en Chine, n'étaient pas des lecteurs humains passionnés par ses histoires, mais des robots. Avec un temps de lecture de zéro seconde et aucune interaction, ces bots ont rapidement représenté plus de la moitié de son trafic annuel, transformant son succès apparent en cauchemar numérique. Quintero est loin d'être un cas isolé. Depuis l'automne dernier, une multitude d'acteurs de l'industrie culturelle et numérique rapportent le même phénomène. Un magazine d'art de vivre en Inde, un blog insulaire au Canada, des portfolios d'artistes, des boutiques Shopify et même des sites gouvernementaux américains subissent cet assaut. Les statistiques sont vertigineuses : 14,7 % des visites récentes sur les sites fédéraux américains provenaient de Lanzhou. L'hypothèse qui prévaut au sein de la communauté technologique est celle d'une immense campagne de moissonnage de données (scraping) destinée à nourrir l'appétit insatiable des modèles d'intelligence artificielle. Si les adresses IP pointent vers Lanzhou et Singapour, l'infrastructure utilisée implique les serveurs de géants technologiques chinois comme Tencent, Alibaba et Huawei. Cependant, contrairement aux robots d'indexation classiques, cette nouvelle vague se distingue par son agressivité et sa dissimulation. Pour les professionnels de la création et les éditeurs de sites, les conséquences sont désastreuses. Là où les bots des grandes firmes d'IA occidentales s'identifient généralement et respectent certaines règles de blocage, ces nouveaux visiteurs se déguisent en utilisateurs humains pour contourner les protections. Ils ne cherchent pas seulement à scanner des vulnérabilités, mais semblent aspirer tout contenu textuel et créatif disponible pour l'entraînement d'algorithmes. L'impact sur l'écosystème créatif dépasse la simple violation de propriété intellectuelle. C'est la structure même de la rémunération des créateurs qui est attaquée. Les propriétaires de sites voient leurs coûts de bande passante exploser pour servir du contenu à des machines. Plus grave encore, la pollution des données d'audience détruit la valeur publicitaire des sites. Alejandro Quintero en fait l'amère expérience : ses stratégies AdSense s'effondrent car Google considère désormais son trafic comme étant de faible qualité. En somme, les créateurs sont pénalisés financièrement parce que leur travail est pillé par des bots. Face au silence relatif des grandes plateformes d'hébergement comme Google ou Squarespace, et aux réponses génériques de WordPress qui rappelle que la facilité d'indexation est une arme à double tranchant, les créateurs organisent leur propre défense. Sur les forums spécialisés, ils échangent des méthodes artisanales pour identifier ces visiteurs indésirables, notant par exemple l'utilisation de versions obsolètes de Windows ou des résolutions d'écran atypiques. Certains, comme le gestionnaire d'un grand site météorologique, ont réussi à bloquer une partie du flux en bannissant des identifiants de réseaux spécifiques, faisant chuter les visites parasites de 127 000 à 2 000 par jour. Cette situation met en lumière la nouvelle précarité des industries créatives à l'ère de l'IA générative. Le contenu original, carburant indispensable des modèles de langage, est récolté sans vergogne, laissant aux créateurs la charge de sécuriser leurs œuvres et de payer l'addition technique, tout en voyant leurs revenus fondre. Comme le résume fatalement un expert en sécurité, c'est désormais le coût à payer pour exister sur un internet ouvert.

### Galerie d'image
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### Source
**[Wired](https://www.miacc.fr/structure/wired_8OrXCDvPiYDBnrPCdunw)** 


## Article original écrit par
Zeyi Yang

## Article
From small publishers to US federal agencies, websites are reporting unusual spikes in automated traffic linked to IP addresses in Lanzhou, China.

**Lien :** [https://www.wired.com/story/made-in-china-niche-websites-are-seeing-a-surge-of-mysterious-traffic-from-china/](https://www.wired.com/story/made-in-china-niche-websites-are-seeing-a-surge-of-mysterious-traffic-from-china/)

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